Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez les hommes.
C’est en revanche la 3ème cause de décès par cancer derrière le cancer du poumon et le cancer colorectal.
La prostate est une glande de l’appareil reproducteur de l’homme. Passée 50 ans, cette glande peut connaître des dysfonctionnements (hypertrophie bénigne de la prostate ou prostatite qui provoquent des troubles urinaires) et la survenue de ce cancer est beaucoup plus fréquente. Le critère de l’âge apparaît indéniablement comme un facteur de risque. On observe que c’est aux alentours des 70 ans que le nombre de cas est le plus important.

Le dépistage: un choix individuel et personnel

Actuellement, en France, le dépistage du cancer de la prostate n’a pas fait ses preuves. Rien ne prouve réellement que ce dépistage permette d’éviter les morts provoquées par le cancer de la prostate.
A l’international, il existe deux importantes études qui ont rendu des résultats discordants sur le sujet. Ainsi, ni en France, ni ailleurs dans le monde, aucun programme de dépistage organisé du cancer de la prostate n’est mis en place par les autorités de santé.

Bien s’informer avant de décider

S’engager dans une démarche de dépistage du cancer de la prostate est un choix personnel et réfléchi. Cet article a pour but de vous proposer les informations nécessaires pour vous aider à faire votre choix. Il expose les avantages, les inconvénients et les conséquences des examens médicaux de dépistage. N’hésitez pas à en parler à votre médecin traitant.

Certains signes doivent vous alerter, n’attendez pas pour consulter

Généralement, ce cancer évolue sur 10 à 15 ans avant que surviennent les premiers symptômes. Cependant, certains cancers de la prostate peuvent être agressifs et de développent rapidement, pouvant occasionner des métastases.
Allez consulter votre médecin traitant si vous avez des inquiétudes liées à :

  • des troubles urinaires (besoin plus régulier d’uriner, douleurs quand vous urinez, difficulté ou incapacité à uriner, sang dans les urines…)
  • des troubles de l’éjaculation (douleurs, sang dans le sperme…)

Ces symptômes ne signifient pas de façon systématique que vous être atteint d’un cancer de la prostate.

Quelles méthodes de dépistage ?

Le toucher rectal :

Cet examen, réalisé par un médecin, consiste à évaluer le volume, la texture, la consistance et le surface de la prostate. Le toucher rectal n’est autre que l’introduction d’un doigt ganté et lubrifié dans le rectum, via l’anus. Ce geste est indolore mais peut être inconfortable.

Le dosage PSA (antigène prostatique spécifique)

Le PSA est une protéine sécrétée par la prostate, et habituellement présente en très petite quantité dans le sang. Le PSA est en fait un marqueur de l’activité de la prostate : il indique qu’elle fonctionne. Cette simple prise de sang permet de quantifier le taux de PSA présent dans le sang.

Si une anomalie est décelée lors du toucher rectal ou lors du dosage PSA (taux élevé dans le sang), les professionnels de santé vous proposeront de faire une biopsie par un urologue. Cet examen permettra de confirmer ou non la présence de cellules cancéreuses.

La biopsie : essentielle au diagnostic

Sous anesthésie locale, cet examen médical consiste à prélever des échantillons de la prostate à l’aide d’une fine aiguille en passant par le rectum.
Cet acte médical peut être désagréable et douloureux. Dans certains cas, il peut être causer des complications passagères (sang dans les urines, le sperme ou les selles).
La biopsie a ses limites : 20% des hommes qui ont obtenu des résultats négatifs à la biopsie ont en réalité un cancer de la prostate.

Des tests peu fiables qui présentent des inconvénients

Le bénéfice du dépistage n’est pas démontré.

  • Le toucher rectal permet de détecter seulement les tumeurs palpables : certaines petites tumeurs peuvent alors échapper à la vigilance du professionnel.
  • 10% des hommes ayant un taux de PSA faible ont un cancer de la prostate. Les résultats ne sont donc pas fiables à 100%.
  • A l’inverse, un dosage PSA élevé ne veut pas systématiquement dire que vous avez un cancer. Le taux élevé peut être du à d’autres maladies. Mais face à ces résultats, vous aurez des examens complémentaires à passer ce qui peut être source d’inquiétude inutile. On parle alors de sur-diagnostic.
  • Aussi, on ne parvient pas distinguer les cancers de la prostate qui vont devenir agressifs et qui doivent être soignés, des cancers qui vont rester « latents », c’est-à-dire qui ne se développeront pas ou qui évolueront très doucement et qui ne nécessitent pas de traitement : c’est le cas pour la moitié des cancers de la prostate dépistés. On risque donc d’opérer un patient ou de lui donner un traitement, dont il n’aurait pas eu besoin en réalité. On appelle cela le sur-traitement.

Pour plus d’informations:

Votre médecin traitant est la personne la plus à même de répondre à vos questions pour vous aider dans votre réflexion.
Parlez-en avant de prendre votre décision.