Focus sur une doctorante du centre de recherche en cancérologie Nantes-Angers

Doctorante en Immunologie 4ème année – Centre de Recherche en Cancérologie de Nantes Angers UMR892 / CNRS6299 / Université de Nantes

Équipe 3 : « Réponses T anti-tumorales et Immunothérapie » du Dr N. Labarriere.

Sujet : « Impact des lymphocytes T αβ double positifs intra-tumoraux CD4+ CD8+ intra-tumoraux  sur la réponse immune anti-tumorale dans le mélanome. »  Encadrant : Pr Nadine Gervois

Nouvelles populations cellulaires des tumeurs cancéreuses : Tiphaine Parrot mène l’enquête…

Fascinée par le corps humain et ses énigmes, Tiphaine Parrot a fait de l’immunologie son sujet de prédilection. C’est sur les bancs d’un IUT en génie biologique que cette attirance pour l’étude du système immunitaire s’est transformée en véritable challenge vers un objectif : la thèse. Après 3 années intenses d’exploration à la découverte de nouvelles populations cellulaires des tumeurs cancéreuses, Tiphaine veut aller plus loin et publier.

La publication, ticket d’entrée dans les réseaux référents

Pour Tiphaine, s’engager dans une 4e année de doctorat, c’est boucler la boucle, s’assurer de la publication de ses travaux et apporter sa pierre à la visibilité globale des équipes de recherche du centre nantais au niveau international.

Une conclusion à ses yeux incontournable, qui la motive à postuler à l’appel à projets du Comité 44 de la Ligue contre le cancer.

Le soutien de la Ligue ? Le financement intégral du salaire de la jeune doctorante de 27 ans, soit 1 365 € net par mois pendant 1 an, pour finaliser ses expérimentations et les partager avec le fleuron de la recherche mondiale. De l’investissement humain de proximité pour avancer toujours plus vite dans la lutte contre le cancer et renforcer les équipes nantaises qui œuvrent au quotidien pour faire reculer la maladie.

allez plus loin

Le mélanome représente la principale cause de décès par cancer cutané due à la faible efficacité des thérapies conventionnelles telles que la chimiothérapie au stade tumoral avancé. L’immunothérapie, traitement qui consiste à optimiser, rétablir, ou stimuler notre propre système immunitaire pour qu’il reconnaisse et s’attaque à la tumeur, représente à ce jour l’option curative la plus prometteuse. Son efficacité se heurte cependant à des mécanismes d’échappement de la tumeur au système immunitaire prenant place dans l’environnement local dans lequel elle évolue : le microenvironnement tumoral. Pour comprendre ces mécanismes et les déjouer, une décomposition fine de ce microenvironnement est primordiale pour améliorer à terme les essais d’immunothérapie.

Les précédents travaux de notre équipe menés sous la direction du professeur Nadine Gervois, ont permis d’identifier une sous-population atypique de lymphocytes T (globules blancs) retrouvée enrichie dans les tumeurs de sein, de peau et de colon. Ces cellules se distinguent des lymphocytes T classiques du fait de la présence à leur surface de deux marqueurs : le marqueur CD4 et le marqueur CD8, qui leur vaut l’appellation de lymphocytes T CD4+CD8+ double positifs. Ces marqueurs ne sont pourtant pas censés être simultanément exprimés sur un même type lymphocytaire. En effet, ils permettent la discrimination de deux types de lymphocytes aux rôles très différents, d’une part les lymphocytes T CD4 qui ont pour rôle d’orchestrer la réponse immunitaire, et d’autre part les lymphocytes T CD8 qui ont une fonction de destruction des cellules infectées (virus, bactéries) ou anormales (tumorales).

Dans le cadre du mélanome (cancer de la peau), les travaux de mon équipe ont pu montrer qu’en plus de leur enrichissement, une corrélation existait entre la fréquence des lymphocytes T double positifs et l’agressivité du cancer. Plus le cancer est à un stade avancé, plus les lymphocytes T double positifs sont nombreux, suggérant l’hypothèse d’un rôle de ces cellules dans la réponse immunitaire contre le cancer. Mon projet de thèse a ainsi pour objectif de caractériser ces cellules dans un contexte tumoral. Pour ce projet, trois questions sont posées : (1) Pourquoi sont-elles retrouvées de façon importante dans les cancers ? (2) Exercent-elles un rôle pro ou anti-tumoral, et ainsi (3) représentent-elles un indicateur de mauvais ou de bon pronostic pour la survie des patients ?