La Ligue contre le cancer de Loire-Atlantique et cinq partenaires s’engagent pour développer la vaccination contre les HPV chez les jeunes à compter de janvier 2021.

La vaccination au cœur des préoccupations

Alors que nous vivons une crise sanitaire sans précédent, le mot vaccin est sur toutes les lèvres. Il apparaît comme un moyen efficace de lutter contre la Covid-19. Mais bien d’autres vaccins existent et permettent de sauver des vies.

C’est le cas du vaccin contre les papillomavirus humains (HPV) qui protège notamment contre le cancer du col de l’utérus et de l’anus. La vaccination contre les HPV est recommandée à toutes les jeunes filles et – depuis le 1er janvier 2021 – à tous les jeunes garçons. Or, seules 21% des jeunes filles sont vaccinées en France. Il y a donc nécessité à se mobiliser pour favoriser la vaccination anti HPV chez les jeunes.

Un partenariat pour promouvoir la vaccination

Pour promouvoir le vaccin anti-HPV auprès des jeunes (filles et garçons) mais aussi leur famille et les professionnels de santé, un partenariat s’est noué entre la Ligue contre le cancer et cinq partenaires :

Une campagne d’affichage et de communication va débuter. Les professionnels de santé vont recevoir les éléments de campagne par mail et par courrier et le grand public sera informé via les réseaux sociaux et le relais des différents partenaires.

Coup de pouce financier pour lutter contre les inégalités sociales en santé

De plus, la Ligue contre le cancer de Loire-Atlantique prend en charge – à compter du 8 janvier 2021 – le coût résiduel du vaccin pour les personnes n’ayant pas de complémentaire santé afin de lever le frein financier face à la vaccination contre les HPV.

Une convention a été signée en ce sens avec les partenaires (évoqués ci-dessus) pour que cette mesure soit connue et mise en place sans avance de frais pour les bénéficiaires. En pratique, la part mutuelle est avancée par le pharmacien qui envoie ensuite une demande de remboursement à la Ligue.

Actuellement, le coût de chaque dose de vaccin (2 ou 3 doses selon l’âge / 136,70 € la dose) est pris en charge à 65% par la Caisse d’assurance maladie. Les 35% restants sont généralement remboursés par les complémentaires santé.

Qu’est-ce que le papillomavirus (HPV) ?

Le Papilloma Virus Humain (HPV) est un virus très répandu. Il existe près de 200 types de HPV.

Les HPV se transmettent sexuellement, c’est-à-dire entre personnes, par contact intime avec les muqueuses, même sans pénétration (le préservatif ne protège que partiellement contre ces infections).

Les infections HPV sont très fréquentes. Environ 80% des femmes et des hommes sexuellement actifs sont exposés à ces virus au cours de leur vie. Dans 60% des cas, l’infection a lieu au début de la vie sexuelle restant inapparente et transitoire, elle n’entraînera donc ni maladie, ni symptôme. Le système de défense de l’organisme élimine le virus en 1 à 2 ans.

Lorsque l’infection persiste, elle peut engendrer diverses lésions :

  • Des lésions bénignes comme des condylomes (verrues génitales),
  • Des lésions de bas risque qui régressent le plus souvent spontanément,
  • Des lésions de haut risque susceptibles d’évoluer vers un cancer dans un délai de 10 à 15 ans.

Le HPV est à l’origine de 6 cancers :

  • Col de l’utérus
  • Pénis
  • Vulve
  • Vagin
  • Anus
  • VADS (voies aérodigestives supérieures), aussi appelés cancers ORL

Le nombre de cancers liés à l’infection par les HPV est estimé à plus de 6 300 dont deux-tiers chez la femme et un tiers chez l’homme (Papillomavirus_et_cancer_mel_20180704).

Chez la femme :

  • 2 900 cancers du col de l’utérus (1 100 décès par an en France, soit en moyenne 3 morts par jour)
  • 1 100 cancers de l‘anus
  • 400 cancers de l’oropharynx, cavité orale et larynx
  • 200 cancers de la vulve et du vagin

Chez l’homme :

  • 1 360 cancers de l’oropharynx, cavité orale et larynx
  • 360 cancers de l’anus et du pénis

La vaccination : un moyen efficace de protection pour les filles et les garçons

Le vaccin contre les HPV a fait la preuve de son efficacité. Environ 90% des cas de maladies HPV sont liés à des types d’HPV ciblé par le vaccin. 90% des cancers du col de l’utérus pourraient être évités via la vaccination contre les HPV.

Or, la couverture vaccinale contre les HPV demeure faible sur notre territoire. Elle est de :

•        23,7% en France (pour le schéma complet à 16 ans)

•        Pour les Pays de la Loire : seulement trois adolescentes sur dix ont reçu le schéma vaccinal complet de 2 doses variant selon le département de 25% à 33%. (Source bsp_vaccination_pays_de_loire_avril_2019)

La vaccination des jeunes contre les HPV doit être réalisée avant le début de la vie sexuelle pour les protéger avant qu’ils ne soient exposés au risque d’infection (60% des contaminations ont lieu pendant la première année de la vie sexuelle).

La vaccination contre les HPV est recommandée dès l’âge de 11 ans. De 11 à 14 ans : 2 injections (à 6 mois d’intervalle). Rattrapage chez les jeunes filles de 15 à 19 ans : 3 injections (à 0, 2 et 6 mois d’intervalle). Le vaccin n’est pas remboursé après 19 ans.

Depuis le 1er janvier 2021, la vaccination contre les HPV est étendue à tous les garçons de 11 à 14 ans avec un rattrapage possible chez les adolescents et les jeunes hommes de 15 à 19 ans révolus.

Le taux de vaccination anti-HPV très bas en France contraste avec ceux d’autres pays :

  • 80% en Suède
  • 78% en Australie
  • 86% en Grande-Bretagne
  • 87% au Portugal
  • 42% aux États-Unis

Après dix années de vaccination dans les pays où un nombre important de jeunes filles sont vaccinées comme l’Australie ou l’Angleterre, le nombre de nouveaux cas de lésions précancéreuses du col de l’utérus ainsi que de verrues génitales a nettement diminué.

Comme pour tous les vaccins, les autorités de santé françaises, européennes et internationales réalisent un suivi régulier du vaccin contre les HPV. Depuis 10 ans, plus de 6 millions de doses ont été prescrites en France et plus de 200 millions dans le monde.

Dans la grande majorité des cas, il n’y a pas d’effet secondaire après la vaccination contre les HPV. Parmi les effets secondaires les plus fréquents, on peut observer une douleur ou une rougeur au point de piqûre et de très rares malaises. Il n’y a pas de lien démontré scientifiquement entre la vaccination contre les HPV et la survenue de maladies auto-immunes.es effets secondaires les plus fréquents, on peut observer une douleur ou une rougeur au point de piqûre et de très rares malaises. Il n’y a pas de lien démontré scientifiquement entre la vaccination contre les HPV et la survenue de maladies auto-immunes.