La pénurie de médicaments s’aggrave. Face à cette situation insupportable, la Ligue contre le cancer poursuit son combat pour que plus aucune personne malade ne subisse d’arrêt de traitement.

En 2020, la Ligue contre le cancer dressait un état des lieux des pénuries de médicaments anticancéreux en France et leurs conséquences. Un an après, la Ligue constate une aggravation des pénuries.

« La lutte contre les inégalités – d’accès aux soins notamment – est l’une de mes priorités en tant que président de la Ligue contre le cancer. Comment assurer la continuité des soins pour toutes les personnes malades avec la même efficacité si l’on est confronté à des pénuries de médicaments récurrentes ? Comment peut-on expliquer à ces personnes, qui se battent déjà au quotidien contre la maladie, que leur médicament n’est pas disponible ? » explique Daniel Nizri, président bénévole de la Ligue contre le cancer.

Le constat alarmant dressé par la Ligue contre le cancer

L’étude menée en 2019 par la Ligue contre le cancer, avec l’institut IPSOS, a permis de dresser un constat sans appel :

  • 74 % des professionnels interrogés déclaraient avoir été confrontés à des pénuries de médicaments contre le cancer durant leur carrière
  • 3/4 d’entre eux avaient le sentiment d’une aggravation de la situation sur les dix dernières années
  • 94 % des personnes malades confrontées à une pénurie associent l’annonce de l’indisponibilité de leur traitement à des sentiments négatifs : incompréhension, inquiétude, colère
  • 75 % des professionnels de santé affirment que les pénuries ont entraîné des pertes de chance pour leurs patients

La crise de la Covid-19 a engendré une hausse de la demande pour certains médicaments, ce qui a révélé les limites des systèmes de production, notamment provoqués par la délocalisation et la production à flux tendu. Les personnes malades subissent aujourd’hui directement les conséquences de l’errance des décisions industrielles et politiques.

Il est impératif de garantir un approvisionnement continu pour éviter les ruptures en cas de tensions dans les pays où sont fabriqués les médicaments. Les actions de la feuille de route lancée en juillet 2019 par la Ministre Agnès Buzyn doivent être remises à l’agenda politique.

Face à l’inaction, la Ligue contre le cancer réitère ses demandes

  • Le recensement par les pouvoirs publics, de façon systématique, des personnes qui n’ont pas eu accès au médicament prescrit en premier lieu
  • La mise en place d’un système d’information sur les pénuries de médicaments, à destination des professionnels de santé, particulièrement ceux exerçant en ville. Ce système d’informations doit permettre de renforcer la transparence sur l’origine, la durée et l’historique de ces pénuries
  • La mise en place, par les pouvoirs publics, des dispositions nécessaires pour que le droit à l’information des personnes malades soit respecté et appliqué, notamment grâce à la création d’un système collectif d’informations, en application de la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des usagers du système de santé
  • La mise en place d’études pour mesurer les pertes de chances causées par les pénuries. Elles doivent être réalisées par une autorité publique et indépendante, à l’aide de critères objectifs
  • En tant que porte-voix des personnes malades, des dispositions réglementaires sur les pénuries et des sanctions financières en cas de non-respect de ces dernières.