« Cher patient, pour votre médicament, merci de patienter ». C’est le cri d’alarme lancé par la Ligue contre le cancer face à la pénurie de médicaments. Un fléau silencieux qui s’aggrave d’année en année et que le contexte de la Covid-19 ne fait que renforcer.

Recueillir des témoignages pour exposer la réalité

Face à cette situation indigne, la Ligue lance un appel à témoins afin de donner la parole aux premiers concernés : les malades et leurs proches sur

►►► penuries.ligue-cancer.net

« Au-delà même du manque de certains médicaments, le manque d’information, de transparence, les sentiments d’inquiétude et de colère des personnes malades, leur perte de confiance sont autant de conséquences pour les patients mais aussi de difficultés pour les professionnels de santé » analyse le professeur Axel Kahn, président de la Ligue contre le cancer.

Un constat alarmant

Avec 1 499 médicaments signalés en difficulté ou rupture d’approvisionnement auprès de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), l’année 2019 atteint un record avec 34 fois plus de pénuries signalées qu’en 2008.

Selon une étude exploratoire menée par la Ligue contre le cancer avec l’institut Ipsos, 74% des professionnels de santé ont déclaré avoir déjà été confrontés à des pénuries de médicaments utilisés contre le cancer pendant leur carrière. Trois-quarts d’entre eux ont le sentiment que les pénuries de médicaments contre le cancer s’aggravent depuis 10 ans.

Les pharmaciens hospitaliers sont 95% à constater une aggravation du phénomène.

De lourdes conséquences

  • 94% des personnes qui y ont été confrontées associent l’annonce de l’indisponibilité de leur traitement contre le cancer à des sentiments négatifs : incompréhension d’abord, inquiétude et colère ensuite ;
  • 74% des professionnels soignants interrogés sont d’accord pour dire que malgré l’existence de traitements de substitution, les pénuries de médicaments utilisés contre le cancer entraînent une perte de chance pour les personnes malades ;
  • 45% des professionnels interrogés dans l’enquête font le constat d’une détérioration de la survie à 5 ans de leur patients qui sont victimes de pénuries de médicaments contre le cancer. Ce pourcentage s’élève à 68% parmi les oncologues.

Les demandes de la Ligue

Face à ce constat, la Ligue demande :

  • Le recensement par les pouvoirs publics des personnes qui n’ont pas eu accès au médicament prescrit en premier lieu ;
  • La mise en place d’un système d’information sur les pénuries de médicaments à destination des professionnels de santé ;
  • La création d’un système collectif d’information en application de la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des usagers du système de santé ;
  • La mise en place d’études pour mesurer les pertes de chance causées par les pénuries.