L’alimentation: un facteur essentiel de la prévention des cancers sur lequel il est possible d’agir

 

Il est aujourd’hui démontré que notre alimentation et la pratique de l’activité physique ont des effets sur notre santé et notamment le risque de cancer. Les expert estiment qu’environ un tiers des cancers les plus communs pourraient être évités grâce à la prévention nutritionnelle dans les pays développés dont la France.

Il est toutefois faux d’affirmer que la consommation d’un aliment, d’un nutriment ou d’un complément alimentaire en particulier puisse prévenir l’apparition d’un cancer, surtout lorsque l’alimentation dans son ensemble est déséquilibrée.

En effet, certains aliments contiennent certes des vitamines, des antioxydants et des fibres qui jouent un rôle essentiel dans la prévention du cancer. Pour autant, c’est une alimentation diversifiée qui est essentielle pour rester en bonne santé, associée à une activité physique régulière. C’est sur ce constat que la Ligue contre le cancer donne des repères validés par le Plan National Nutrition Santé (PNNS).

Une évaluation scientifique des niveaux de preuve

Des niveaux de preuve convaincants ou probables ont été publiés en juin 2015 dans le rapport d’expertise collective coordonné par l’INCa avec l’appui scientifique du réseau NACRe.

Les facteurs nutritionnels ont été classés en deux groupes: Les facteurs qui augmentent le risque de cancer et ceux qui les diminuent.

Facteurs augmentant le risque de cancer :

  • Boissons alcoolisées

Les experts scientifiques du WCRF prouvent que l’alcool augmente le risque des cancers de la bouche, du pharynx, du larynx, de l’œsophage, du sein (pour la femme), du côlon-rectum, et du foie. L’augmentation de risque dépend de la dose consommée et non du type d’alcool. La consommation d’alcool est déconseillée, quel que soit le type de boisson alcoolisée !

  • Surcharge pondérale

Le surpoids et l’obésité augmentent le risque d’apparition de nombreux cancers (notamment œsophage, pancréas, côlon, rectum, endomètre, rein, sein après la ménopause), notamment par le biais de dérégulations métaboliques et hormonales. En France, le surpoids (obésité exclue) concerne 31,4 % des adultes et l’obésité 11,6 % (données issues de l’étude INCA 2). Une alimentation trop riche en énergie et le manque d’activité physique contribuent fortement au développement du surpoids et de l’obésité. Ainsi, pour prévenir le surpoids et l’obésité il est notamment recommandé de pratiquer au moins 30 minutes d’activité physique (de même intensité qu’une marche rapide) 5 jours par semaine et de limiter les activités sédentaires (comme celles pratiquées en face d’un écran). Il est également recommandé d’avoir une alimentation équilibrée et diversifiée (conforme aux repères nutritionnels du Programme national nutrition santé).

  • Viandes rouges et charcuteries

La viande rouge contient du fer héminique et la charcuterie contient des sels nitrés dont la consommation en excès favorise l’apparition des cancers du côlon et du rectum. Il est recommandé de limiter la consommation de viandes rouges à moins de 500 g/semaine et de réduire la consommation de charcuteries. Il est conseillé d’alterner avec des viandes blanches, des œufs, du poisson et des légumineuses associées à des céréales.

  • Sel et aliments salés

Le sel, consommé en excès, peut provoquer des altérations de la muqueuse gastrique et agir en synergie avec d’autres facteurs de risque de cancer de l’estomac. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de ne pas dépasser un apport quotidien de 5g/jour. En France, les apports moyens en sel sont chez l’adulte de 8,5 g/jour (INCA 2) ; 67 % des hommes et 26 % des femmes ont des apports supérieurs à 8 g/jour, L’objectif du PNNS est de réduire dans un premier temps ces apports à moins de 8g/j chez les hommes et moins de 6,5g/j chez les femmes et les enfants. Il est recommandé de limiter ses apports de sel, notamment issus de la consommation d’aliments transformés salés (charcuteries, fromages, snacks divers, plats préparés) et de l’ajout de sel à la cuisson ou dans l’assiette.

  • Sédentarité

Il existe une relation entre activité physique, sédentarité et le risque de plusieurs cancers, en particulier les cancers du côlon, du sein et de l’endomètre. Il est souhaitable de développer des activités non sédentaires quelque soit le moment. L’activité physique recouvre l’activité physique professionnelle (travail en exploitation agricole, manutention…), domestique (travaux ménagers, jardinage…), de loisir (jogging, danse…) et celle liée aux transports (à pied, à vélo…).

  • Compléments alimentaires à base de bêta-carotène

L’effet protecteur des antioxydants a été suggéré dans certaines études d’observation et des études mécanistiques (in vitro ou sur un modèle animal). Cependant, cet effet est rarement retrouvé dans les études en population générale, car il a été principalement observé dans des sous-populations particulières (populations carencées ou déficitaires). Au contraire, dans certaines conditions, la supplémentation en antioxydants peut augmenter le risque de cancer. Par exemple, la supplémentation en bêta-carotène chez les fumeurs augmente le risque de développer un cancer du poumon. Dans une perspective plus globale, il est donc important de souligner que la supplémentation en antioxydants, micro constituants ou micronutriments pourrait présenter plus de risques que de bénéfices.

De plus, les besoins nutritionnels en micro constituants, micronutriments et antioxydants peuvent être satisfaits par une alimentation équilibrée et diversifiée, et ne nécessitent pas la prise de compléments alimentaires.

Facteurs diminuant le risque de cancer :

  • Activité physique

L’effet bénéfique de l’activité physique sur le risque de cancers pourrait être lié à la diminution des taux circulants de diverses hormones (notamment les œstrogènes) et facteurs de croissance. L’activité physique a par ailleurs un effet sur l’accélération du transit intestinal, réduisant ainsi l’exposition des voies digestives aux cancérogènes d’origine alimentaire, ainsi que sur la stimulation de l’immunité. De plus, l’activité physique contribue à diminuer le risque de prise de poids, de surpoids et d’obésité, eux-mêmes facteurs de risque de plusieurs cancers. Cet effet bénéfique peut être obtenu par la pratique régulière (au moins 30 minutes par jour, 5 jours par semaine) d’une activité physique d’intensité modérée comparable à la marche rapide.

  • Fruits et légumes (non féculents)

L’effet protecteur des fruits et des légumes vis-à-vis de certains cancers est lié à leur composition en constituants qui présentent des effets bénéfiques sur la santé, notamment certains nutriments comme les fibres, les vitamines et les minéraux et d’autres micro constituants comme les polyphénols. Ainsi, la consommation de fruits et de légumes est associée à une diminution du risque de cancers. De plus, la consommation de légumes contribue à diminuer le risque de surpoids et d’obésité. Il est recommandé de consommer 5 portions de fruits et légumes par jour (PNNS), soit environ 400 g/jour. En France, 57 % des adultes n’atteignent pas cette recommandation et la consommation moyenne de fruits et légumes en France pour un adulte est de 283 g/j, soit 3,5 portions (INCA 2).

  • Fibres alimentaires

La diminution du risque de cancer colorectal par une consommation régulière de fibres a été mis en évidence par des études épidémiologiques. Les fibres se retrouvent dans les fruits et légumes, les fruits secs et fruits oléagineux (amande, noix, noisette), les légumes secs (haricots blancs, pois chiches, lentilles, pois cassés) et certains pains (complets et aux céréales).

  • Produits laitiers

La consommation quotidienne de produits laitiers est un facteur favorable à la prévention du cancer colorectal. Le calcium a un effet bénéfique direct sur la réduction de la prolifération des cellules cancéreuses dans le côlon et le rectum. Il a également des effets indirects sur la protection de la paroi intestinale.

Le Programme national nutrition santé (PNNS) recommande une consommation de trois produits laitiers par jour en alternant entre le lait, les fromages, les yaourts, les fromages blancs. Les produits laitiers sont la meilleure source en calcium dans notre alimentation.

Pour en savoir plus, téléchargez :

la brochure grand public « Nutrition et cancers – Alimentation, consommation d’alcool, activité physique et poids »

La synthèse de l’Inca « Nutrition et prévention primaire des cancers : actualisation des données »


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